Comme le format de la « pizza R&D » testé en octobre avait bien plu à toute l’équipe, nous avons remis cela aujourd’hui. Et comme la formation interne, chez SPYRIT, ça concerne tout le monde, c’est Benjamin, notre apprenti intégrateur, élève à l’IESA multimédia, qui nous a proposé un point sur un sujet qu’on connaît depuis longtemps, mais sur lequel il est toujours important de se remettre à niveau : l’accessibilité.

Cela fait de nombreuses années en effet que SPYRIT prend en compte les principes d’accessibilité web dans la conception et la réalisation des sites et applications web. Mais depuis l’époque – déjà lointaine : c’était en 2009 ! – où nous proposions pour la première fois à nos clients de soumettre leur site à une labellisation (Accessiweb en l’occurrence), le sujet a continué de se développer.

L’accessibilité est totalement intégrée à tous les projets de site, mais la perception du sujet reste assez différente selon les personnes. On s’est vite rendu compte par un rapide tour de table que chacun de pensait pas spontanément à la même chose en premier !

De même, sa mise en œuvre peut s’avérer très différentes selon les cas. Comme pour le traitement responsive des sites, le niveau recherché peut en effet est très variable selon le niveau d’exigence du client.

Bien sûr, le handicap (au sens très large) est au cœur de l’accessibilité, mais pas uniquement. L’idée est plus largement d’assurer l’accès au site à tout le monde, quelle que soit la manière dont on l’utilise – y compris en tenant compte des « stress case », comme par exemple lire un site en extérieur sous un plein soleil, ou utiliser un site sur smartphone avec ses gants de vélo (très important pour les vélotaffeurs !). En ce sens, responsive et approche cross-navigateur font d’ailleurs partie de l’accessibilité.

Pour élargir encore le regard, l’accessibilité ne concerne pas seulement pour le web. Les établissements recevant du public (ERP) connaissent désormais bien le sujet avec l’obligation des « registres d’accessibilité » pour laquelle, d’ailleurs, SPYRIT a réalisé une application web.

Pour en revenir au web, l’enjeu pour les particuliers est important : dans un monde où le numérique est de plus en plus présent, se retrouver empêché d’accéder aux services en ligne est de plus en plus pénalisant.

Pour les entreprises, l’enjeu est important aussi, que ce soit pour augmenter l’audience de son site, et donc son activité en ligne, ou pour réduire la charge induite par l’assistance utilisateur grâce à un site plus facile à comprendre et à utiliser.

Les principes d’accessibilité se déclinent autour de quatre mots clefs. Les sites doivent être :

  • utilisables : on peut utiliser / interagir avec le site. Cela induit par exemple la possibilité de navigation au clavier pour ceux qui ne peuvent utiliser la souris ; l’amélioration progressive (qu’on peut tester avec des outils comme caniuse.com) ; ou le souci d’intégration des boutons – et d’innombrables autres points d’attention.
  • compréhensibles : l’utilisateur doit comprendre le sens / la proposition qui lui est faite ; le contre-exemple parfait, ce sont les Conditions générales d’utilisations (CGU) qui sont, le plus souvent, rédigées de manière à être parfaitement incompréhensibles par ceux à qui elles s’adressent ; ce point est plus éditorial et son traitement ne se fait pas par des solutions techniques ;
  • universels : le site doit être consultable quel que soit l’appareil utilisé
  • perceptibles : on peut le lire, voir, entendre le contenu de la page, quel que soit l’état / le handicap de la personne. Cela va induire une attention aux contrastes (à tester avec des outils comme contrast-ratio.com ou via l’inspecteur d’éléments Chrome > qui fournit des recommandations (à illustrer) ; les balises « alt » sur les images ; ou le fait de ne pas se contenter seulement d’un code couleur pour passer une information (car la couleur n’est pas toujours correctement perçue, p.ex. par les daltoniens), mais d’y ajouter aussi une forme ou un label.

Pour traiter ces points et viser un niveau correct d’accessibilité, il faut une méthode. Benjamin nous en a rappelé les grandes étapes :

  • prendre en compte l’accessibilité dès le début de la conception du site ou de l’application web ;
  • allouer du temps spécifiquement consacré à ce sujet dans le projet ;
  • se doter d’une checklist, non seulement pour organiser le travail mais encore pour vérifier la bonne mise en œuvre et en rendre compte (question : existe-t-il des checklists publiques de référence ? si oui, faire un lien) ;
  • définir des priorités en fonction du projet et du niveau d’accessibilité recherché pour le site.

Avec le temps – et nous l’avons constaté chez SPYRIT – l’accessibilité s’est intégrée dans le les pratiques. Elle est devenue progressivement une pratique naturelle et spontanée chez les développeurs. Cependant, cela prend toujours un peu de temps dédié : ce sera toujours plus long de faire un site propre et accessible qu’une intégration « quick and dirty ». C’est le prix à payer pour un boulot bien fait… mais c’est aussi un investissement rentable car, en y regardant bien, il favoriser aussi le référencement et, comme on l’a vu plus haut, améliore la performance globale du site.

Benjamin nous a également présenté des outils pour aider à la mise en œuvre ou à l’évaluation de l’accessibilité des sites :

  • atalan.fr/agissons
  • w3c – WCAG 2.0
  • web.dev/accessible
  • audits dans l’inspecteur d’éléments de Chrome
  • Toolbar Handitech

Ainsi qu’une vidéo « iPhone for the blind » qui permet de mieux comprendre comme une personne aveugle utilise un smartphone.

Comme c’est désormais le cas avec chaque formation interne chez SYRIT, l’intervention de Benjamin a suscité pas mal de questions et de réflexions sur nos propres pratiques – avec en particulier un débat sur la manière de suivre l’évolution de l’accessibilité une fois que le site est en ligne et que les clients font évoluer le contenu du site de manière autonome. L’animation éditoriale du site peut affecter le niveau d’accessibilité du site tel que livré lors de la recette. Voilà qui pourrait constituer un point supplémentaire à suivre dans le cadre nos bilans annuels de TMA…

Merci à Benjamin pour cette présentation efficace et très bien illustrée par de nombreux exemples.

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